DSI N°809

Diffusion Sélective de l'Information
Du 18 au 24 novembre 2019


Veille Technologique

Emigration climatique: La Tunisie doit se préparer dès maintenant
«... Changement climatique et émigration, la Tunisie est-elle concernée? Experts et activistes de la société civile ont répondu par l’affirmative.
Ils intervenaient, jeudi 21 novembre 2019 à Tunis, à un Café-débat organisé par le Centre international des technologies de l’environnement (CITET), en prévision du prochain sommet du climat (COP 25), prévu à Madrid du 2 au 13 décembre 2019.
Chokri Mezghenni, point focal du Fonds vert pour le climat (FVC) en Tunisie, indique que les ressources en eau conventionnelles vont baisser d’environ 28% à l’horizon 2030; leur qualité va se dégrader et près de 16 000 hectares de terres agricoles seront perdus. “Ceci pourrait engendrer une intensification de l’exode rural et mettre la pression sur les services dans les milieux urbains”.
Il estime que “tout va tourner autour de l’eau”. Les changements climatiques vont entraîner une élévation du niveau de la mer de 30 à 50 cm en Tunisie, d’ici 2050, un retrait des côtes, une intrusion marine dans les nappes phréatiques côtières, une dégradation des infrastructures hôtelières et portuaires et une dégradation de la biodiversité marine.
Il faut, dès aujourd’hui, penser à une relocalisation planifiée et identifier des solutions pour sédentariser les populations à travers la création, par exemple, de métiers verts adaptés au climat des régions, l’adoption de nouvelles méthodes de stockage de l’eau, le changement des méthodes d’exploitation de cette ressource qui devient de plus en plus rare et la création d’une structure locale d’aide à la décision, a-t-il préconisé.
“La migration climatique pourrait être aussi, un sujet qui aide à drainer des financements internationaux. Elle doit être parmi les priorités nationales et un critère d’éligibilité à la finance dédiée au climat”, a encore fait savoir Mezghenni.
Selon lui, l’Etat doit penser à engager un dialogue national sur la question de la migration climatique, pour identifier les populations exposées et faire en une cartographie et aussi, sensibiliser davantage à cette question.
“Comment pourrons-nous vivre dans des zones arides et invivables? ” telle est la question à laquelle il faut trouver une réponse aujourd’hui, affirme Ali Khachnaoui, docteur en géophysique, “le temps des diagnostics est fini, il faut comprendre que le réchauffement climatique est une réalité de la Terre à laquelle il faut tout simplement trouver des techniques d’adaptation”.
Déjà, la migration a été toujours perçue comme une tentative d’adaptation ayant échoué, et non comme une forme d’adaptation en soi. Pour la Tunisie, elle n’est pas la seule mesure d’adaptation envisageable, car il y a des alternatives d’adaptation auxquelles l’Etat devrait penser.
Une étude, élaborée en collaboration avec l’Organisation internationale pour les migrations (OIM), le PNUD et la Confédération suisse, avait déjà identifié en 2017, au sein de trois gouvernorats (Gafsa, Jendouba et Kairouan), les délégations avec les pourcentages de départ les plus élevés pour y mener les enquêtes.
L’étude montre que dans les régions où l’état de dégradation des ressources (eau, sol, forêt) est important et où l’agriculture ne suffit plus à satisfaire les besoins des populations, les populations recourent à des activités de substitution ou optent pour l’émigration.
Le café-débat du CITET, dans sa quatrième édition, est une rencontre qui réunit, la fin de chaque mois, des intervenants et des représentants de la société civile, des établissements publics, du secteur privé, des universitaires, des chefs d’entreprise et des médias afin de discuter et débattre de thématiques liées à l’environnement et au développement durable ...»- Cliquez ici

• La Tunisie au coeur du développement durable des écosystèmes oasiens
Par Nadia Dejoui
«... Le Ministère des Affaires locales et de l’Environnement organise l’atelier de clôture du projet « Gestion Durable des Ecosystèmes Oasiens en Tunisie ». Et ce, en collaboration avec le bureau de la Banque Mondiale à Tunis, les 19 et 20 novembre.
Ainsi, plus de 150 participants étaient présents. Ils représentent les différents parties prenantes et les acteurs de développement des oasis tunisiennes. Et ce, au niveau international, national, régional et local. Un événement durant lequel il était important de discuter davantage sur les principaux enjeux des écosystèmes oasiens. Mais aussi de l’intérêt, du mécanisme et des opportunités de la reconnaissance patrimoniale des oasis historiques. Et les futures initiatives et programmes de développement des oasis.
A cet égard, Taoufik Bennouna, le représentant de la Banque mondiale s’exprimait. « La Tunisie a besoin d’un développement durable des oasis qui connaissent plusieurs facteurs de dégradation. Nous avons proposé à la Tunisie, principalement aux populations locales une vision de développement intégré participative. Elle permet de mettre l’oasien au centre de l’appui des institutions de l’Etat ». En effet, l’idée est d’inverser le rôle. Afin que le citoyen soit bénéficiaire du projet « Gestion Durable des Ecosystèmes Oasiens en Tunisie. »
Six oasis pilotes
Rappelons que la mise en œuvre en vue de ce projet a pour objectif d’améliorer la gestion durable des ressources naturelles. Mais aussi de promouvoir la diversification des moyens de subsistance dans six oasis pilotes. A savoir: oasis El Guettar dans le gouvernorat de Gafsa; oasis Zarat dans le gouvernorat de Gabès; oasis de Noueil dans le gouvernorat de Kébilli; et la grappe des oasis Chébika, Tamerza et Midès dans le gouvernorat de Tozeur.
De ce fait, cela permet le renforcement des capacités des parties prenantes au niveau national, régional et local, à travers :
• L’élaboration d’une stratégie nationale et un plan d’action pour le développement durable des oasis traditionnelles.
• Le développement d’une monographie complète des 126 oasis traditionnelles tunisiennes couplée à un Système d’Information Géographique (SIG) sur Internet.
• La mise en oeuvre d’un programme de formation sur la gestion durable des ressources naturelles dans l’espace oasiens. Et l’appui à la recherche scientifique en matière de protection de la biodiversité oasienne.
• L’appui aux services déconcentrés et de la société civile. Il a permis de renforcer les capacités de nombreux acteurs. Et de mettre en œuvre plusieurs initiatives visant la concrétisation de la stratégie de développement durable des oasis tunisiennes.
Ensuite, il y a la mise en œuvre de 119 micro-projets. D’un montant global de 9.5 millions de dinars, ils ont eu un impact environnemental et socio-économique remarquable et visible sur le terrain.
Il est clair que l’appui au développement local est un enjeu majeur dans la région. D’ailleurs, il se base sur l’approche participative. Ainsi, tous les micro-projets financés dans le cadre du projet ont été préparés et réalisés par les groupements de développement agricole et les associations locales.
En outre, ces micro-projets généraient la création de 1750 emplois directs en faveur des jeunes chômeurs dans les six oasis pilotes. De plus, 115 microentreprises sont nées dans les domaines de valorisation des produits et sous-produits oasiens, l’artisanat, l’écotourisme et les services agricoles,
De ce fait, ce développement local a entraîné également le nettoyage et la protection de 800 hectares de terre agricole. Ce qui a conduit à l’amélioration des systèmes et techniques d’irrigation. A travers: le réaménagement de 1500 mètres linéaires des anciennes seguias; la construction de 6000 mètres linéaires de nouvelles seguias; et l’aménagement de trois bassins de stockage d’eau d’irrigation. Ce qui a permis une économie d’eau de 45%.
Sur le volet sanitaire, un programme de lutte biologique contre les maladies phytosanitaire des palmiers dattiers et des arbres fruitiers a permis l’amélioration de la qualité de fruits et l’amélioration de la productivité de 70%. Ce qui a entraîné l’amélioration de la biodiversité oasienne. Et ce, à travers la plantation de 6000 plans de palmiers dattiers et 25 000 arbres fruitiers.
Par ailleurs, l’appui à l’organisation de manifestations culturelles permettait de promouvoir le patrimoine et le tourisme oasien. Avec la participation de 35 000 visiteurs et 300 artisans et exposants locaux.
Et enfin, la promotion de la femme rurale et des jeunes oasiens et le renforcement de leurs capacités pour qu’ils participent activement au développement local.
En somme, il s’agit d’œuvrer ensemble pour trouver des solutions communes de notre époque. Cela passe par un financement adéquat. Mais aussi par l’impact sur la biodiversité et la sécurité alimentaire. En conclusion, l’inclusion de la diversité et des nouvelles technologies doivent servir l’action citoyenne, pour une meilleure prospérité ...»- Cliquez ici 
Pour d’amples informations : Voir la vidéo intitulée « Gestion Durable des Ecosystèmes Oasiens en Tunisie »-  Cliquez ici

Réalisé par: Lobna ZOUAOUI, Ingénieur Data, chargée de veille technologique veille@citet.nat.tn

Vérifié par: Noura KHIARI, Chef du Service Documentation, Information, Edition et Marketing- cdi1@citet.nat

Validé par: Faouzi HAMOUDA, Directeur de la Documentation et de l'Information- cdi@citet.nat.tn

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