DSI N799

 Diffusion Sélective de l'Information

Du 19 au 25 aout 2019

    Veille Technologique:

Tunisie: Gestion des déchets: de l'or dans nos poubelles
Par Bassem ENNAIFAR.
«... Le Grand Tunis « génère » quotidiennement quelque 3 500 tonnes de déchets ménagers. Le sort de ce gigantesque volume est d’être jeté dans des décharges telles que celle de Borj Chakir.
Sous la pression d’une population dont les conditions de vie sont devenues insupportables et d’un incendie qui s’est déclenché en juin dernier, ce centre ne fonctionne plus comme avant. C’est un calvaire pour les municipalités qui ont dû recourir aux décharges d’autres gouvernorats limitrophes à la capitale. Selon les experts, la construction d’un nouveau centre nécessite au moins 18 mois, une longue période qui risque de tourner à la catastrophe environnementale.
Une chaîne défectueuse
Ce qui complique la donne, c’est l’absence de tri et de collecte sélective par les municipalités. La culture de sélection des déchets est absente chez le Tunisien, créant une source de revenus pour des acteurs informels. Chaque soir, ces derniers partent dans une course contre la montre avec les services de la municipalité pour tenter de récupérer les articles de valeurs comme les métaux et les plastiques. Il ne reste quasiment que les déchets ménagers qui ne sont pas, en fin de compte, valorisés mais jetés dans la nature.
Même en l’absence d’un traitement particulier, les municipalités sont en train de payer des coûts importants. Ces coûts ont tendance à augmenter avec la hausse des volumes et des charges opérationnelles (carburants, camions, entretien et main d’œuvre). La majorité des maires choisit alors de déléguer la collecte des ordures à des acteurs privés qui appliquent un modèle de ramassage classique de porte à porte. L’objectif est de réduire les prix au moment où les externalités négatives sont inestimables.
Possibilités de création de valeur
Comment faire de ces déchets un centre de profits ? Il y a deux principaux modèles.
Le premier est la production de l’énergie à partir de ces déchets. En Allemagne et dans les pays scandinaves, plusieurs dizaines de milliers de véhicules roulent grâce au biogaz, une ressource peu polluante. Le même processus qui permet de produire ce gaz peut également fabriquer un compost de très bonne qualité utilisé dans l’agriculture. A court terme, ce genre de solutions n’est pas envisageable à grande échelle en Tunisie.
Il convient donc d’appliquer le deuxième modèle, plus réalisable dans nos conditions actuelles: créer de grandes usines capables de composter les déchets organiques et de transformer les déchets durs (papier, carton, plastique, verre, métal) pour redevenir des matières premières.
Néanmoins, cela exige que les municipalités reprennent les choses en main côté tri. En 2019, il est inacceptable de rester à l’écart d’un business mondial estimé à plus de 175 milliards d’euros. Cela passe par des investissements, idéalement en PPP, pour la construction d’unités spécialisées.
Un contexte favorable pour lancer l’industrie
Et c’est le moment où jamais pour se lancer. Actuellement, il y a une vraie crise chez nos voisins de la rive nord de la Méditerranée. Début 2018, la Chine a décidé d’interdire l’importation de 32 catégories de déchets. Ce pays, qui absorbait les débris de tous les grands pays, a eu conscience de la dangerosité de certains produits sur l’environnement.
La Tunisie peut aller chercher des partenariats avec les pays européens pour lancer des plans communs de traitement de ses déchets. Bien évidemment, nous ne disons pas qu’il faut importer ce que les autres refusent, mais plutôt profiter de la réflexion sur ces sujets et sur la montée des Verts dans les instances de décisions de l’Union ...»- Cliquez ici »

  • France : Contrat de filière Transformation et valorisation des déchets 2019- 2022

Accélération de la robotisation des centres de tri: Accentuer l’industrialisation du tri par la robotisation, l’IA et le deep-learning - augmenter les cadences de tri tout en améliorant les conditions de travail
«... La Loi de Transition Energétique pour la Croissance Verte (2015), puis la Feuille de Route Economie Circulaire (2018), prévoient de diminuer l’enfouissement de 50% entre 2010 et 2025, ce qui représente encore environ 8 millions de tonnes de déchets qu’il va falloir détourner de l’enfouissement d’ici 2025 et, pour une grande part, envoyer en centre de tri. Il est indispensable que les déchets qui ne seront plus dirigés vers les centres d’enfouissement trouvent des voies de valorisation, sous forme de matière première de recyclage et sous forme d’énergie.
Les centres de tri sont relativement automatisés. Ils permettent de séparer de manière automatique les métaux ferreurs et non ferreux, les différents types de résines plastiques, les papiers et cartons. En revanche, une grande quantité de travail manuel reste nécessaire, afin de retirer les objets indésirables et de différencier quelques objets principaux que la technologie ne permet pas encore de réaliser de manière autonome. Les emplois correspondants à cette activité sont des emplois peu qualifiés, répétitifs et sources de Troubles Musculo Squelettiques (TMS).
Il y a un enjeu important de développement et de déploiement de la robotisation, qui nécessite une grande part d’innovation, de recherche et développement, de calibration, en vue d’une généralisation. Le projet sera mené sur un nombre limité de centres, soit nouveaux soit récemment rénovés, plutôt de grande capacité et de différentes conceptions, qui expérimenteront la robotisation en vue d’un déploiement massif dans les années qui suivront, en cas de réussite du projet.
En s’appuyant sur les fournisseurs d’équipements de tri (les équipementiers) et sur les gestionnaires de centres de tri, ce projet pourrait permettre de développer une compétence unique au monde par la mise au point d’une gamme de robot de tri intelligents.
Il s’agit d’accompagner, par de l’investissement et de l’innovation, la robotisation des centres de tri. Ainsi, il sera possible de faire muter les emplois d’opérateurs de tri, peu qualifiés et sources de Troubles Musculo Squelettiques, vers des emplois d’opérateurs de contrôle plus protégés et chargés du contrôle de la qualité des opérations réalisées par les robots. Dans le détail, il s’agira de :
- Développer des mécanismes d’apprentissage de reconnaissance des différents déchets (à l’aide de l’intelligence artificielle et le deep-learning), de développer et d’affiner les technologies de préhension des déchets, en vue de généraliser la robotisation dans les nouveaux centres de tri. Il pourra être envisagé, au moins au démarrage de cette nouvelle technologie, de mutualiser les connaissances acquises par les robots à l’ensemble des opérateurs de tri du territoire, afin de créer un effet d’accélérateur du déploiement technologique ;
- Développer les robots « pilotés », afin que les opérateurs de contrôle, qui ne seront plus alors en contact direct avec les déchets, puissent désigner via une interface numérique les déchets à mettre de côté, au moyen d’un automate piloté.
A la fin du projet (fin 2020), un état d’avancement sera dressé. Il permettra de décrire les conditions de robotisation des nouveaux centres de tri, et les adaptations qui pourraient être nécessaires pour la mise en œuvre d’optimisations robotiques des centres existants. Eventuellement, une base de données commune évolutive pourrait être pérennisée ...»-

Optimiser la collecte grâce au big data et à la poubelle connectée: Améliorer par le big-data les connaissances sur les pratiques liées au tri et à la tarification incitative pour optimiser son déploiement
«... Afin d’améliorer le tri à la source, la tarification incitative se développe et sa généralisation progressive constitue un axe d’amélioration important visé par la Feuille de Route Economie Circulaire. Pour cela, une bonne connaissance des conditions et qualité de tri, avec un panel suffisamment représentatif de la diversité des contextes possibles selon les territoires (zone dense, urbaine, rurale, insulaire, …) est nécessaire pour proposer des modalités de collecte optimisées.
L’objectif repose sur l’utilisation du numérique. Ainsi, le développement de « poubelles connectées » (bac de tri, ou « bacs jaunes ») pourrait permettre de réduire le coût de gestion du service de collecte, d’améliorer les performances de tri et de généraliser la tarification incitative sur des objectifs de résultats.
En vue du développement de la tarification incitative basée sur des objectifs de résultats, il sera expérimenté l’usage de la poubelle connectée et du big data sur un nombre suffisant de collectivités volontaires. Les industriels accompagneront le déploiement de la gestion numérique de la collecte, afin d’en tirer les conclusions nécessaires pour un déploiement à plus grande échelle : le type de collecte optimisée selon les différentes zones géographiques, selon les saisons, selon les consignes de tri localement appliquées …
La « poubelle connectée » pourra envoyer au sein d’un système partagé au sein de la filière afin d’accélérer le mécanisme d’apprentissage, de type « big data », les données sur son poids, ou son taux de remplissage, voire sur la composition des déchets qu’elle contient après analyse statistique des informations transmises par les centres de tri. Il deviendra alors possible d’en tirer des tendances permettant l’optimisation des modalités de collecte ...»- Cliquez ici »


Réalisé par: Lobna ZOUAOUI, Ingénieur Data, chargée de veille technologique veille@citet.nat.tn

Vérifié par: Noura KHIARI, Chef du Service Documentation, Information, Edition et Marketing- cdi1@citet.nat

Validé par: Faouzi HAMOUDA, Directeur de la Documentation et de l'Information- cdi@citet.nat.tn


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